Reste à charge CPF 150 euros : ce qui change à partir du 2 avril 2026

Le reste à charge CPF 150 euros, c’est officiel. Le décret n° 2026-234 du 30 mars 2026 a été publié au Journal officiel le 1er avril. À compter du 2 avril 2026, la participation financière obligatoire pour utiliser votre CPF passe de 103,20 € à 150 €.

Concrètement : chaque fois que vous mobilisez votre CPF pour une formation, vous devez payer 150 € de votre poche. C’est valable quelle que soit la formation, quel que soit son coût.

Mais tout le monde n’est pas concerné de la même façon. On fait le point.

Reste à charge CPF : l’historique en 2 minutes

Le principe d’une participation financière du titulaire du CPF existe depuis mai 2024. Depuis, le montant n’a cessé d’augmenter :

DateMontantBase
Mai 2024100 €Montant initial (décret)
Janvier 2025102,23 €Revalorisation inflation
Janvier 2026103,20 €Revalorisation inflation
2 avril 2026150 €Décret n° 2026-234

Ce qui change cette fois, c’est que la hausse ne suit plus l’inflation. C’est une décision politique : le montant est fixé par décret à 150 € et le mécanisme de revalorisation n’a pas été appliqué pour 2026, et rien n’indique un retour à l’indexation.

Qui doit payer les 150 € ?

Si vous êtes salarié et que vous utilisez votre CPF sans intervention de votre employeur, vous payez 150 € par formation. Ce montant est dû à chaque mobilisation du CPF, indépendamment du coût de la formation.

Autrement dit : que votre formation coûte 800 € ou 2 500 €, le reste à charge CPF 150 euros s’applique de la même façon.

Qui est exonéré ?

Bonne nouvelle : plusieurs profils ne paient pas ce reste à charge.

  • Les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail
  • Les salariés dont l’employeur abonde le CPF (cofinancement)
  • Les salariés dont l’OPCO complète le financement
  • Les titulaires du Compte Professionnel de Prévention (C2P)
  • Les victimes d’accidents du travail ou maladies professionnelles (AT/MP)

En clair : si votre employeur participe au financement de votre formation, même pour un montant symbolique, le reste à charge de 150 € disparaît. C’est un levier important et souvent méconnu.

Quel impact sur votre formation en langues ?

Combiné au plafonnement CPF à 1 500 € pour les certifications du Répertoire Spécifique (TOEIC, CLOE…), le reste à charge CPF 150 euros alourdit la facture pour les salariés qui financent seuls leur formation.

Exemple concret pour une formation en anglais à 2 200 € :

Avant le 2 avrilDepuis le 2 avril
Prise en charge CPF1 500 € (plafond RS)1 500 € (plafond RS)
Reste à charge obligatoire103,20 €150 €
Complément personnel700 €700 €
Total de votre poche803,20 €850 €

La différence n’est pas énorme sur cet exemple (+47 €). Mais pour une formation qui rentre dans le plafond de 1 500 €, le reste à charge CPF 150 euros représente désormais 10 % du coût — ce qui n’est pas anodin.

Comment réduire ou supprimer ce reste à charge ?

La solution la plus efficace : impliquer votre employeur. Même un abondement minimal suffit à annuler les 150 €. Et pour l’entreprise, c’est exonéré de charges sociales et non imposable pour le salarié.

Chez Matelem Formation, on accompagne nos stagiaires dans cette démarche. On vous explique comment en parler à votre employeur, quels arguments utiliser, et on peut faciliter l’échange. Ce n’est pas compliqué — la plupart des employeurs ne savent tout simplement pas que cette option existe.

Si vous êtes demandeur d’emploi, vous êtes exonéré : les 150 € ne s’appliquent pas à votre situation.

Ce qu’on retient

  • Le reste à charge CPF passe à 150 € à compter du 2 avril 2026 (décret n° 2026-234)
  • Ce montant est dû par formation, quel que soit le coût
  • Demandeurs d’emploi, abondement employeur, OPCO, C2P, AT/MP : exonérés
  • L’abondement employeur annule le reste à charge ET est exonéré de charges
  • Le montant de 150 € ne sera plus revalorisé annuellement sur l’inflation

Le CPF reste un outil de financement puissant pour se former en langues. Les règles évoluent, mais les solutions existent — il suffit de bien les connaître. On est là pour ça.